Pourquoi cette Chasse-galerie
Cette histoire arrive après une image.
Une image laissée volontairement seule, sans explication immédiate, sans mode d’emploi, sans bruit autour. Ce silence n’était pas une attente vide. C’était une façon de laisser l’image faire son travail : déposer une question plutôt qu’une réponse.
Certaines œuvres demandent du temps avant de pouvoir être racontées autrement.
Sur les réseaux, on regarde vite.
On reconnaît, on classe, on passe.
Ici, c’est différent.
Si tu es en train de lire ces lignes, c’est que tu as déjà choisi de ralentir. De quitter le défilement pour entrer dans une histoire. Tu es déjà disposé à écouter ce qui vient après l’image non pas pour la comprendre, mais pour l’habiter autrement.
C’est à cet endroit précis que ce conte commence.
La toile parlait d’une décision prise dans la nuit.
Le conte du jour de l’an ne revient pas sur cette décision.
Il s’attarde plutôt à ce qui reste quand la nuit est passée.
Quand le mouvement s’est arrêté.
Quand il n’y a plus de canot, plus de vent, plus de vitesse seulement le temps, et ce qu’on en fait.
Ce texte n’est pas là pour expliquer l’image.
Il ne la ferme pas, ne la résout pas, ne la traduit pas.
Il ouvre une autre porte.
Une porte vers le matin fragile du jour de l’an, ce moment étrange où l’on regarde derrière soi sans pouvoir revenir, et devant soi sans encore savoir comment avancer.
Si la nuit n’explique rien,
le jour de l’an, lui, pose une question simple et difficile :
qu’est-ce qu’on fait maintenant, avec ce que l’on a choisi ?
C’est à partir de là que l’histoire commence.


