Valmond Lebouthillier : un artiste de l’intérieur
Par Pierre Martin, collectionneur, artiste naïf et conteur
Valmond Lebouthillier, originaire du Nouveau-Brunswick, a passé une grande partie de sa vie derrière les barreaux. Pourtant, c’est dans cet univers clos qu’il a donné naissance à une œuvre lumineuse, vivante et profondément humaine. Loin des clichés sombres associés à l’enfermement, ses peintures célèbrent la nature, la mémoire et l’imaginaire.
Ses toiles, comparées à celles de Maud Lewis ou de Joe Norris, révèlent une vision intérieure nourrie par les souvenirs, la télévision, ses souvenirs ou le peu de paysages visibles depuis sa cellule. Sans formation, sans matériel spécialisé, il a su créer un style bien à lui : naïf dans le geste, mais étonnamment riche dans la composition.
L’œuvre ci-jointe, peinte en 2010, témoigne de cette sensibilité. On y voit une scène forestière animée où les oiseaux, les arbres, les fleurs et un ruisseau cohabitent dans une harmonie colorée. Chaque élément respire la liberté, et l’évasion.
Chris Huntington, qui a écrit sur lui dans la revue Billie, le décrit comme un artiste doté d’un don rare, capable de rejoindre les grands noms de l’art populaire: Maud Lewis et Joe Norris. Neuf de ses œuvres font désormais partie de la collection du Beaverbrook Art Gallery.
Valmond Lebouthillier n’est pas un artiste de prison. Il est un artiste, tout simplement. Un créateur qui prouve, toile après toile, que même dans les lieux les plus restreints.


